Piétons/Cyclistes; un mariage forcé
Comment y mettre fin pour une séparation à l'amiable
Voici 12 propositions pour y parvenir et assurer la sécurité des piétons et des cyclistes
La marche à pied est le mode de déplacement le plus inclusive car la marche accueille tous les types de handicaps. Le piéton est l'usager le plus vulnérable, y compris face à un vélo. Force est, pourtant, de constater que la loi d’orientation des mobilités votée en décembre 2019 a cru bon marier le vélo et la marche à pied sous le label de « mobilités actives », au motif que ces deux mobilités avaient uniquement recours à la force physique pour se déplacer.
Problème : Les vélos de maintenant permettent des vitesses élevées, certains sont électriques et d'autres sont assimilés à des vélos sous le terme d’EDPM (engins de déplacement personnel motorisés) ou de cyclomobiles légers. Le vélo est un véhicule au sens du Code de la Route, ce que n'est pas la marche à pied. Le cycliste est un conducteur sur deux roues, le piéton marche avec ses deux pieds.
Le piéton marche sur les trottoirs et le cycliste doit rouler sur la chaussée. Bref, ces deux mobilités ne sont pas assujetties aux mêmes règles de circulation et n’ont pas grand-chose en commun sauf d’être des mobilités durables qui méritent d’être bien traitées. Dès lors, la cohabitation entre piétons et cyclistes ne peut être que source de conflits et même d'accidents corporels pour le piéton comme pour le cycliste si un soin particulier n’est pas porté pour bien les séparer.
60 Millions de Piétons constate au moins trois causes à ces conflits
En premier lieu, d’avoir pensé et de penser toujours que le vélo et la marche allaient de pair pour réduire la place de la voiture dans l’espace public d’où ce mariage sous le nom de famille : « mobilité active. Ensuite, d'avoir accordé à la circulation des cyclistes des dérogations au Code de la route comme le double sens cyclable ou l'autorisation certes conditionnelle de franchir les feux rouges. Ces règles se sont avérés un mauvais signal donné aux cyclistes leur laissant penser que les règles du code de la route ne les concernent pas. Enfin, par la réalisation coûte que coûte d'aménagements cyclables sans un contrôle de qualité
Pour remédier à ces conflits, 60 Millions de Piétons propose 12 mesures à débattre avec les associations cyclistes
- Le respect des procédures dans la réalisation d’un réseau cyclable pour que la voix des piétons puisse s’exprimer.
- Un contrôle de conformité des aménagements cyclables avant leur ouverture à la circulation des cyclistes à tous les stades du projet (études, réalisation et réception)
- La suppression des pistes cyclables des trottoirs et leur séparation physique par une bordure détectable lorsqu’elles longent le trottoir.
- La suppression des arceaux et stations en vélo libre-service qui encombre les trottoirs et incitent les cyclistes à rouler sur le trottoir, ce qui est interdit.
- Le pied à terre pour les cyclistes dans les aires piétonnes en proposant des arceaux et des stations à vélo en limite de ces aires
- Une vitesse maximale autorisée dans les zones de rencontre réduite à 10 km/h
- L’aménagement des entrées/sorties des zones 30 comme l’impose la réglementation
- L’interdiction de stationner des véhicules à gauche de la circulation générale dans les rues à sens unique ou à défaut l’interdiction du double sens cyclable
- Des règles de circulation pour les cyclistes et des piétons dans ces voies identiques à celles dans les zones de rencontre.
- La suppression immédiate des voies vertes des trottoirs
- Le remplacement des panneaux M12 par des feux rouges dédiés aux cyclistes
- La généralisation du sas vélo

