Des passerelles pour unir la ville, c'est une attente forte des habitants des quartiers dits prioritaires


Cela devrait être une des préoccupations majeures du comité interministériel de la ville dont la réunion prévue le 15 avril, puis le 15 mail vient d’être à nouveau reportée.

La politique de la ville est une politique publique qui vise à réduire les inégalités de développement au sein des territoires urbains. Une des objectifs est d’améliorer  les conditions de vie de leurs habitants. Ces quartiers sont marqués par de nombreux handicaps mais celui qui est souvent oublié, c’est celui de ne pas pouvoir se déplacer à pied dans de bonnes conditions.

La mobilité piétonne permet d’aller et venir dans ces quartiers, d’accéder aux services publics, aux commerces, d’aller au travail. C’est la vie de tous les jours. La mobilité piétonne, c’est aussi d’accéder à un transport public à proximité mais aussi souvent situé en dehors du quartier faute d’un moyen de transport à proximité, car la particularité de ces quartiers, c’est qu’ils sont le plus souvent excentrés ou coupés du cœur de ville, conséquence d’un urbanisme de zone.

Qui prête, alors, attention au fait qu’il n’y a pas de trottoir dans ces quartiers ou pour rejoindre le centre-ville, que le cheminement piéton est discontinu et parfois dangereux, qu’il n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite, qu’il faut faire des détours pour trouver le pont sous la voie ferrée ou trouver la passerelle avec un simple escalier.

Les piétons sont omniprésents dans les cités et pourtant ils sont invisibles. Les plus pénalisés sont les femmes. Trois piétons sur quatre se rendant au travail sont des femmes, souvent à des heures où il fait sombre et qu’elles sont seules à marcher sur un pseudo trottoir non éclairé.

Ce constat pourrait être enrichi de nombreux témoignages que l’association reçoit. Citons celui de cette sage-femme qui se rend à son CHU très tôt le matin à pied faute d’autres transports. Elle marche ainsi 25 minutes par tous les temps. Elle se demande pourquoi le trottoir qu’elle emprunte n’est pas éclairé alors que la chaussée l’est, pourquoi il s’interrompt à certains endroits l’obligeant à marcher sur la terre battue. Elle se demande aussi pourquoi elle n’a pas droit au forfait « mobilité » alors que ces collègues qui viennent en vélo notamment y ont droit.   

Si ce comité interministériel a le mérite d’exister, force est de constater que l’amélioration de la mobilité piétonne n’a pas encore attirer l’attention du comité. Pourtant, la ministre déléguée à la ville a annoncé parmi ses trois axes prioritaires, celui de l’amélioration du cadre de vie dans et à proximité des HLM.

C’est une opportunité pour introduire dans le cahier des charges des programmes de renouvellement urbain, un volet « réseau piéton » tout comme il a été introduit dans les plans de mobilité par la loi d’orientation sur les mobilités. Ce réseau doit être pensé en lien avec le réseau des transports publics.

Ce réseau doit être également pensé  dans l’objectif de recoudre les quartiers entre eux et vers le cœur de ville. C’est une politique de couture urbaine qu'il faudrait introduire dans les plans locaux d'urbanisme  en cherchant à diversifier les franchissements et en leur assurant l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. 

La pratique de la marche à pied concernant beaucoup les femmes mais aussi les enfants, il est important de travailler également sur la sécurisation des parcours, d’introduire de l’éclairage. Il est important aussi de penser au vieillissement de la population dans ces quartiers et de proposer des bancs et autres lieux de repos sur l’espace public.

Développer une politique de mobilité piétonne offre un retour sur l’investissement immédiat en termes de satisfaction des habitants. La réalisation des travaux peut être très rapide et ils ne demandent pas une mobilisation de crédit importante à la différence des autres mobilités.

La mobilité partout, pour tous, commence par le traitement de la mobilité piétonne.

Tous les habitants sont des piétons.

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