Trottoirs mixtes à Stasbourg

Trottoirs mixtes à Stasbourg

Un succès très significatif, a été enregistré à Strasbourg où ont été installés des « trottoirs mixtes ».

On se souvient que dès 2007, nous avions entamé une procédure à l’encontre de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) pour contester ces « trottoirs mixtes » installés dans la Ville. Il s’agit d’un aménagement destiné à faire cohabiter les piétons et les cyclistes sur certains trottoirs. Bien entendu, cela se fait au détriment des piétons et de plus, c’est contraire aux dispositions du Code de la route. L’action a été menée par Gilles Huguet, président de « Piétons 67 » association affiliée aux Droits du Piéton. L’association nationale a soutenu sans faille cette action et l’a financée. Après plusieurs péripéties qui expliquent le délai de traitement, le Tribunal administratif de Strasbourg nous a donné raison en décidant qu’« Il est enjoint à la Communauté urbaine de Strasbourg, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, de prendre les mesures nécessaires pour respecter la réglementation en vigueur, notamment en délimitant au sol l’espace réservé aux cycles et celui réservé aux piétons, ou en affectant lesdites zones mixtes à l’une ou l’autre de ces destinations. »

Cette décision appelle plusieurs commentaires.

Nous n’acceptons pas la critique qui nous est parfois faite d’être hostiles aux cyclistes. Nous n’avons pas agi à l’encontre des cyclistes mais à l’encontre d’une décision des aménageurs de la voirie qui, placés devant des problèmes difficiles s’en tirent avec des pirouettes et violent allègrement le Code de la route en créant des zones mixtes, facteurs de conflits d’usage entre piétons et cyclistes. Notre position est que pour créer des pistes cyclables en ville, il faut réduire la place accordée à la voiture sur la chaussée et y implanter les pistes cyclables. C’est une décision que les édiles répugnent à prendre tant l’automobile leur semble intouchable. Mais c’est quand même cette ligne d’action qui triomphera à terme !

Enfin ce jugement est remarquable car c’est la première fois en France que ce type d’aménagement, souvent fait en catimini dans nos villes, est déclaré illicite. Nous n’avons pas pu obtenir une définition du trottoir pendant les travaux du défunt Code de la rue, mais notre action et la jurisprudence qu’elle crée donnera des repères aux aménageurs pour qu’ils prennent conscience de l’importance du trottoir pour nous, piétons.