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Témoignages d'un adhérent handicapé visuel

Handicapés visuels et piétons en ville

29 mai 2019

Les handicapés visuels sont les aveugles et les malvoyants. Je fais partie de la deuxième famille. Les handicapés visuels représentent environ 8% de la population et avec l’augmentation de la durée de la vie, ce pourcentage ne fera qu’augmenter.

De même que certaines catégories de la population, comme les personnes âgées qui se déplacent difficilement, les adultes accompagnés d’enfants en bas âge, avec ou sans voiture d’enfants, les handicapés moteurs, ce sont des piétons par nécessité, des usagers captifs du trottoir selon le jargon des transports en commun. Nous prenons les transports en commun, mais ne pouvons conduire une voiture, un vélo, une trottinette ou autre véhicule.

Aux difficultés rencontrées par les piétons en ville, s’ajoutent certaines spécificités que je vais préciser. Puis j’élargirai le propos pour l’étendre à l’ensemble des piétons .En règle générale tout ce qui aide les plus fragiles d’entre nous, dont les handicapés visuels, est utile à l’ensemble des piétons.

Mes remarques et propositions reposent sur mon expérience personnelle de malvoyant, celle de handicapés visuels rencontrés dans les associations d’aide aux aveugles et malvoyants, et mon expérience professionnelle d’aménagement et de gestion de la voirie et des espaces publics en ville ou en périphérie des grandes agglomérations.

Quelques points de principe : en ville ou agglomération les usagers sont multiples : automobilistes, motards, cyclistes, trottinettes, piétons. Tout ce monde se croise, et l’on ne peut pas toujours multiplier les voies spécialisées comme couloirs de bus, pistes ou voies cyclables, surtout dans les cœurs d’agglomération où l’espace est limité et les utilisateurs nombreux. Il faut donc en appeler au civisme et à la règlementation pour que cette cohabitation se passe au mieux : vitesse limitée et maitrisée, respect des feux tricolores etc…

Beaucoup de cyclistes, trottinettiste ou conducteurs de scooter électriques ou autres véhicules comptent sur leur habileté pour éviter les piétons quand ils roulent sur le trottoir ou grillent un feu rouge. Or, les malvoyants ne les voient qu’au dernier moment, à un ou deux mètres de distance, les aveugles ne les voient pas et ne peuvent pas du tout anticiper. Le klaxon est un progrès, pour peu que l’on s’en serve, mais nous avons du mal à savoir si nous devons nous pousser à droite ou à gauche, avancer plus vite ou reculer sur un passage piétonnier. Bref, notre comportement est déroutant pour un voyant ce qui multiplie le danger. Maitriser sa vitesse est plus que nécessaire, alors que beaucoup de deux roues ont tendance à foncer le nez dans le guidon. J’ai même entendu un trottinettiste dire : « ce n’est pas la peine de ralentir, en nous voyant les gens vont nous éviter ».

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