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Marseille: La place et la sécurité du piéton en ville

11 décembre 2018

Intervention de Madame Djambae Nouriati, Conseillère Métropolitaine (Plan de Déplacements Urbains)                                        

Monsieur le président, mes chers collègues,

J’interviens sur les rapports 54 à 58 pour lesquelles il nous est demandé notre avis sur différents travaux à réaliser dans le cadre de création et d’affectation d’opération d’investissement afin d’élargir, requalifier, aménager des routes, des rues, des traverses et des carrefours sur différents point de notre territoire.

Pour rappel, en 2013 Marseille Provence Métropole avait présenté son Plan de Déplacement Urbain (PDU) qui fut approuvé en juillet de la même année. Et aujourd’hui, la Métropole d’Aix-Marseille-Provence en a récupéré les compétences. Or, je tenais, aussi, à rappeler, qu’au regard de la loi, le PDU doit faire l’objet d’une évaluation tous les cinq ans.

Mais, à mi-chemin du temps dédié à la mise en œuvre de ce plan [2013-2023], aucune évaluation n’a été proposée afin de nous soumettre l’évolution de ce dispositif, ce qui ne nous permet pas d’appréhender l’ensemble des engagements qui avaient été pris et ceux qui ont concrètement été appliqués.

En 2013, le Conseil de Territoire s’était engagé à supprimer la pratique du stationnement à cheval sur les trottoirs et la chaussée.

Après 5 ans de gel de cet objectif, dans un de ses chapitres, "Agir sur les cheminements piétonniers", on constate qu’en pratique il en est autrement.

Il serait donc temps, d’ici 2019, que les théories annoncées soient mise en œuvre, je cite « pour faire régner une mobilité douce » et ce afin d’atteindre l’objectif de supprimer le stationnement sur le trottoir pour, je cite, à nouveau, « améliorer notre qualité de vie notamment en régulant la circulation dans le centre-ville tout en proposant des modes de transports alternatifs à la voiture ».

Je ne vous le cache pas, Monsieur le Président, qu’était né un espoir, à l’issue de la réalisation de l’état des lieux dressé sans concession sur le stationnement à cheval autorisé sur trottoir, je cite « dans de trop nombreuses rues de Marseille. ». Avec de telles déclarations, nous pensions que l’évolution de la place du piéton, dans l’espace public marseillais, allait évoluer dans le bon sens.

Ainsi, avec nos amis du Collectif Piéton à Marseille de l’association 60 Millions de Piétons, nous ne pouvions qu’approuver ce document.

De plus, lorsqu’il est stipulé que « La priorité absolue donnée à la voiture sur tous les autres modes de déplacements s’est étendue à la plupart des voiries, même celles où une telle autorisation n’était pas donnée » et bien de tels propos font susciter l’espoir.

Malheureusement, force est de constater que ces pratiques illégales contraints les piétons, les personnes à mobilité réduites, les personnes guidant une poussette à cheminer sur la chaussée, louvoyer entre les véhicules au risque d’être percutées par un véhicule ;

Pour faire émerger avec plus de force cette problématique, des administrés ont créé un syndicat des Poussettes dans la cité phocéenne.

Les revendications qu’il porte sont accès sur la sécurité des déplacements des enfants avec ou sans poussettes, des Personnes à Mobilité Réduite (PMR) sur l’espace public.

En effet, la situation des personnes à mobilité réduite, est très problématique et ces usagers empruntent très peu nos rues.

Quant aux déplacements des poussettes, ces derniers relèvent du parcours du combattant et les déplacements en sont très dangereux.

Ce constat est, d’ailleurs, partagé par vos techniciens qui font bien leur travail de plume et nous les en félicitons.

Et enfin, afin d’illustrer mes propos, je vous citerai pour exemple l’échec des requalifications réalisées ces dernières semaines à Marseille, des chaussées rénovées sans prise en compte de la réglementation pour les piétons.

On y liste les rues suivantes : la rue Curie, la rue Wulfram Puget, La rue de Bruys, dans le 5e arrondissement de Marseille où la peinture blanche est encore fraîche et où le trottoir est impraticable du fait du stationnement à cheval payant.

Monsieur le Président, nous préconisons la reprise de ces projets, ainsi que ceux qui nous sont soumis, ce jour, afin que les travaux soient réalisé dans le respect de la loi par la création de zones de rencontres avec des trottoirs d’1m40 de large.

Je vous rassure monsieur le Président, mes chers collègues, cela n'entravera pas la circulation automobile mais la limitera à 20Km/heure et donnera la priorité aux piétons, aux poussettes, aux fauteuils roulants et aux vélos.

J’en profite pour vous informer que le Collectif Piéton à Marseille avait sollicité par lettre recommandée, le 9 mai dernier l’ancien Vice-Président délégué à la mobilité au déplacement et aux transports, Monsieur Jean-Pierre SERRUS démis de ses fonctions depuis.

Par ce courrier, il demandait un simple retour de bilan des engagements pris dans le cadre d’ "Agir sur les cheminements piétonniers"

Je tiens, ici même, le contenu de cette correspondance que je vous remettrai en fin de séance, avec le courrier sur la sécurité des piétons en situations de handicap sur les trottoirs, courrier adressé au Maire de la ville de Marseille en septembre dernier.

Je vous remercie pour votre écoute.

Djambae Nouriati

Conseillère Métropolitaine,

Adjointe d'Arrondissements du 8e secteur

Le Collectif "Piéton à Marseille" (60 Millions de Piétons) a participé au premier comité de pilotage élargi pour le PDU métropolitain qui s'est tenu le 18 décembre 2018 au siège de la Métropole Aix-Marseille Provence. Avec l'an 2020 pour horizon et préalablement une consultation publique dès janvier 2019, des ateliers thématiques et territoriaux.

Vous pouvez consulter et télécharger les courriers PDF ci-dessous 


24 décembre 2018

Message de Noël du Collectif  Piéton à Marseille :

Chère Mère Noël,
Cette année n'oublie pas mon petit soulier je ne suis pas très enthousiasmée par les fêtes des années précédentes... j'ai envie de changement !

Mes rues de Marseille me font vivre chaque jour des situations pas trop confortables et très souvent il m’est impossible de circuler avec ma poussette sur les trottoirs. Alors bon, mes parents se débrouillent bien comme ils peuvent, ils me déportent sur la chaussée pour pouvoir avancer.
C’est tout de même une situation problématique et ma sécurité est vraiment très dégradée.
Parmi les faiblesses des équipements pour ma sécurité dans ma ville, des trottoirs trop étroits ou encombrés de potelets et la pratique autorisée du stationnement “à dada sur le trottoir” me pourrit la vie tous les jours.
Pourtant quelle joie pour mon grand cousin quand, au Noël 2013, les petits lutins de ton atelier situé tout là-bas au pôle Métropole ont fabriqué un merveilleux jouet qu’il voyait en rêve : un fabuleux « Agir sur les cheminements piétonniers ». Ils y ont beaucoup travaillé avec des idées un plus pétillantes qu’à l’ordinaire et ça mon cousin le voyait vraiment bien dans son soulier.
Mais c’est tout, le jouet n’a jamais été livré. Le voyage s’est arrêté là dans l’atelier. Peut-être que le Père Noël alors a eu peur de prendre froid, ce n’était pas à cause de moi je n’étais pas née.
Noël 2014 : Pas « d’étude sur ce sujet, ni de cartographie mise à jour régulièrement par l’Observatoire » comme promis.
Sous le sapin du Noël 2015, pas de « pistes pérennes des solutions » (par exemple des parkings souterrains un prix accessible ? des transports en commun plus tôt, plus tard, plus fréquents ? des parkings construits aux entrées des villes ?)
Passage de la cheminée 2016 : Le « programme pluriannuel de suppression de 250 places de stationnement à cheval sur le trottoir en allant du centre vers la périphérie » est resté bloqué.
Et aussi au Noël 2017.
Alors petite Mère Noël
Quand tu descendras du ciel
Réveille un peu ta bande de lutins
Au son des cloches des marseillais
Car là tu t’amuses deux fois avec la loi :
- Pour ma poussette sur le trottoir sa largeur doit obligatoirement être de 1m40. Si ce n’est pas possible alors ce n’est pas grave. On peut fabriquer des zones de rencontres, des voies où les piétons, les poussettes, les personnes en mobilité réduite ont la priorité absolue sur les voitures qui circulent à une vitesse limitée à 20 à l’heure.
- Les arrêtés de la ville de Marseille auraient dû être mis au placard : il est interdit de faire des petits codes de la route dans son coin depuis juillet 2001. Et le code de la route n’autorise pas que l’on empiète sur mon trottoir. Encore moins que l’on fasse payer pour y stationner.

Mère Noël,
IL ME TARDE QUE LE JOUR SE LEVE