Reconquérir le trottoir

Un slogan et un programme pour notre association : Reconquérir le trottoir.
Sur ce thème, quelques réflexions qui guident nos actions au quotidien...

Le trottoir est considéré par tous les piétons en ville comme un territoire qui leur appartient, un refuge où ils se sentent en sécurité à côté de le chaussée, lieu de « bruit et de fureur ».

Le besoin d’espace exprimé par toutes sortes d’acteurs urbains trouve sa solution sur le trottoir alors que les dits opérateurs n’ont souvent aucun rapport avec la communauté des piétons. Les acteurs en question vont du commerçant qui s’approprie une partie du trottoir pour son étal à l’autorité publique qui y installe des horodateurs ou des panneaux publicitaires.

A côté de ces acteurs, figurent des « utilisateurs » du trottoir, licites ou non, au nombre desquels on trouve les deux-roues qui circulent sur le trottoir, ou les propriétaires de chiens qui laissent leurs animaux divaguer et polluer les trottoirs de leurs excréments et bien sûr, le piéton « de base » qui doit, de fait, partager son espace avec tout ce petit monde.

Ces besoins d’espace, licites ou non, tendent à croître, avec le phénomène d’urbanisation qui est une donnée de base de notre société, alors que la surface réservée aux trottoirs est finie. D’où une sensation d’encombrement des trottoirs et de risque physique pour les piétons dans les grandes villes, dont Paris, et une frustration grandissante exprimée par eux et surtout par les plus vulnérables, personnes âgées, handicapés, parents de jeunes enfants etc.

Au passage, notons qu’à l’inverse du trottoir, la chaussée est réservée en droit et aussi en fait aux véhicules et que les contraintes de sécurité routières sont telles qu’aucun mobilier urbain n’y est implanté et que le piéton ne s’y risque que très peu. Le piéton est obligé de tolérer toutes sortes d’intrusions sur son territoire. A l’évidence, la voiture ne les tolère pas.

Avec 40 % des déplacements, la marche est le mode le plus important en centre ville. Donc devant l’auto et les transports en commun et très loin devant le vélo (moins de 2%). Cependant, mobiles, fragiles et vulnérables, nous sommes souvent tenus pour quantité négligeable.
En témoigne le très faible niveau de verbalisation pour toutes sortes d’infractions commises sur les trottoirs, infractions qui vont de l’incivilité aux comportements dangereux entraînant parfois des accidents. Ces faits illicites, pris individuellement ne représentent pas un très gros risque pour la communauté et c’est pour cela qu’ils ne sont jamais prioritaires dans les actions de répression. Mais c’est leur caractère massif qui empoisonne la vie des piétons.

Les revendications de la communauté piétonne, s’articulent donc autour d’un désir de « reconquête du trottoir ». Parmi les revendications prioritaires :

 Des actions fortes alliant information et répression à l’encontre des deux roues roulant et stationnant sur les trottoirs

 La protection de tous les trottoirs contre le stationnement des voitures par la pose d’obstacles

 La réduction drastique du mobilier urbain implanté sur les tottoirs et en priorité le mobilier qui ne concerne pas les piétons(horodateurs, panneaux de signalisation « routière », panneaux publicitaires

 Un contrôle et une répression à l’encontre des étals et terrasses de café sauvages, sans laxisme à l’égard des commerçants et autres qui s’approprient l’espace public au seul profit de leurs intérêts mercantiles
La poursuite des actions pour une plus grande propreté des trottoirs

JP Lechevalier