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La loi d'orientation sur les mobilités rate le coche de la mobilité piétonne

Après de long mois de gestation, la loi d’orientation sur les mobilités dite LOM vient d’être promulguée

  • Publié le 20 janvier 2020

Christian Machu

Ingénieur émérite

Administrateur de 60 Millions de Piétons

Cette loi marque un changement de paradigme. Il n’est pas anodin. Il trouve son expression par le remplaçant « symbolique » dans cette loi du terme « déplacement » figurant dans différents textes législatifs antérieurs par le terme « mobilité ».

Le terme « mobilité » est devenu au cours de la dernière décennie, un terme à la mode, Il est apparu sans doute plus moderne par sa consonance plus anglo-saxonne que le terme « transports », un peu passéiste, lui-même associé au terme synonyme de « déplacement » depuis la loi d'organisation des transports intérieurs dite LOTI instaurée en 1983. La LOTI fit date dans les politiques publiques des transports, en rendant obligatoire pour les villes de plus de 100 000 habitants, la mise en œuvre de plans de déplacements urbains dits PDU. Avant ces plans, les villes avaient mis en place des plans de circulation pour mieux organiser la circulation face à la croissance du trafic automobile. Financés à 50% par L’État, ces plans ont consacré la ségrégation des modes de déplacement (piétons sur les trottoirs, autobus dans les couloirs bus, cyclistes sur les pistes et bandes cyclables).

Les PDU ont davantage été des outils de planification des déplacements visant en premier lieu la diminution du trafic automobile par une articulation entre l’offre de transports collectif et l’urbanisme. Ces PDU s’appelleront désormais « plan de mobilité » (PDM) sans perdre leurs objectifs initiaux. La principale nouveauté est la possibilité de mener des PDM sur un territoire autre que les grandes agglomérations afin de mieux prendre en compte les territoires ruraux. Ces PDM seront placés sous l'égide de l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM), qui pourra être dans ces cas une communauté de communes voire la région.

Si l’enjeu est de mieux gérer la demande de déplacements au quotidien, il convient de constater que la loi préfère adopter le terme « mobilité ». Cette évolution sémantique révèle sans doute un effet de communication pour préparer les usagers des transports que nous sommes à une évolution profonde dans la manière de se déplacer. Elle nous renvoie à l'autre sens du terme « mobilité », à savoir le caractère de ce qui change, de ce qui bouge : la LOM a pour objet d’accueillir les moyens de « locomotion » de l’ère numérique qui surgissent dans le paysage et qui sont essentiellement individuels.

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